John Axelrod






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28 May 2008
His name is John
lesamisdarthur.info

Invité pour la troisième fois à diriger l'Orchestre de Paris et pour la première fois le chœur de l'Orchestre de Paris, John Axelrod a notamment mis au programme de ce concert du 28 mai la 3e symphonie de Léonard Bernstein dite « Kaddish ». Cet américain, né au Texas, vit en Europe et se déclare "amér-européen", ce qui le rend déjà plutôt sympathique. Il est tellement européen de cœur qu'il a épousé la belle Annette Gerlach, berlinoise francophile présentatrice vedette d'Arte et qu'ils vivent à Strasbourg. John Axelrod est à l'évidence un grand chef de ceux qui savent très exactement ce qu'ils veulent et arrivent à l'obtenir avec un mélange d'autorité naturelle, d'enthousiasme et de détermination. Il a belle allure, sa battue est précise et il encourage par le regard et de larges et fréquents sourires les musiciens comme les chanteurs. A ces qualités essentielles, vous ajoutez une bonne dose d'humour et un brin de folie (il n'hésite pas à convoquer Terminator 2 pour illustrer son propos… imitation à l'appui), un charme certain, un plaisir évident à parler notre langue, une bonne gestion des répétitions, une empathie manifeste pour les musiciens, une accessibilité à tous, tout cela sans la moindre tendance à la grosse tête et le tableau est complet. Sa formation musicale est multiple puisque après avoir côtoyé Bernstein lorsqu'il avait 15 ans, il est allé étudier à Saint-Pétersbourg auprès de Ilya Musin qui a notamment formé Gergiev, Temirkanov, Barshaï, et Bychkov avant de devenir un proche de Christoph Eschenbach. Directeur de l'autre LSO (Lucerne Sinfoniker Orchester) et principal chef invité du Sinfonietta de Cracovie, John Axelrod est un homme curieux dirigeant non seulement Don Giovanni, les symphonies de Beethoven et de Brahms, mais aussi Stravinsky et les œuvres du XXe siècle peu jouées (Korngold, Krenek, Schreker). Il a créé, il y a dix ans à Boston, son propre orchestre, Orchestra X, dont la politique artistique est notamment d'attirer de nouveaux publics vers la musique classique. Présent ce soir, on espère que le nouveau directeur de la musique en France lui a demandé des conseils sur ce point ! Grand admirateur de l'homme et du compositeur Bernstein, il a dirigé la saison dernière au Châtelet son Candide et donne partout dans le monde sa 3e symphonie « Kaddish » dont une représentation en 2006 à Lucerne vient d'être publiée. Dans cette magnifique œuvre trop peu connue, sa précision et son engagement font merveille car, si le sujet est grave, la musique sait être jubilatoire. Du Bernstein pur cru lui qui passait lui-même parfois de l'excitation à la dépression comme un certain Gustav Mahler auquel il s'assimilait parfois. Ana Maria Martinez, au timbre fin et aux aigus miraculeux, est toute de délicatesse et en parfaite symbiose avec Axelrod. La Maîtrise de Paris est, comme toujours, préparée avec talent et précision par Patrick Marco. L'Orchestre de Paris sonne fort, riche et beau et semble suivre Axelrod comme un seul homme. Beaucoup ont regretté que ce début de semaine si intense s'interrompe brutalement après un concert unique. Il n'y a qu'à Paris que l'on peut inventer pareille aberration pour une œuvre de ce niveau programmée environ une fois tous les 10 ans !!! Avis aux organisateurs de concerts en France et à l'étranger: le Chœur de l'Orchestre de Paris a maintenant « Kaddish » à son répertoire. Il faut laisser décanter cette incroyable musique quelques mois et la reprise se fera au plus haut niveau. Un rêve: chanter « Les Noces » de Stravinsky sous la direction de ce chef que, vous l'avez compris, j'aime déjà. Si vous souhaitez l'entendre, il sera la saison prochaine en Pays de Loire puis à Lyon. Ah ! j'allais oublier: ce garçon pose quand même un problème: impossible de savoir son âge ! Il va falloir demander à Annette...

Salle Pleyel, 28 mai 2008, Orchestre de Paris, John Axelrod, Egmont, ouverture en fa mineur, op.84 de Beethoven, Concertino pour piano et orchestre de Wladyslaw Szpilman et Symphonie n° 3 dite « Kaddish » de Leonard Bernstein sur un nouveau texte de Samuel Pisar.


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