John Axelrod






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12 Feb 2011
John Axelrod joue les partitions du dialogue
Ouest-France

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John Axelrod joue les partitions du dialoque

Samedi, 12 Février 2011

Le surdoué texan a pris ses marques à la tête de l'Orchestre national des Pays de la Loire. Lundi, à Nantes, la formation accueille les Victoires de la musique classique, en direct sur France 3.

Double paire de lunettes sur le front, John Axelrod achève la répétition en finesse. « Je ne suis pas dictateur. » Le « r » a une sonorité américaine. Dans sa loge, panorama superbe sur Nantes, il raconte Léonard Berstein prédisant son avenir. « Il a dit à ma mère : celui-ci sera chef d'orchestre parce que, comme moi, il aime les gens. » Rencontre décisive.

Il a 16 ans, joue du piano, se régale de classique et de rock. Le compositeur de West side story, alors 63 ans, va, trois mois durant, le gaver de Tchaïkovski et de Mozart après la classe. « J'ai appris plus vite que je n'aurais pu le faire en trois ans d'école. »

Offrir la musique aux gamins des quartiers......

Volontaire, décidé, ouvert, enthousiaste, excité, charmant, exubérant... On est vite à court d'adjectifs avec John Axelrod. Sa vie, en mode accéléré, a débuté à Houston, Texas, « dans un milieu bourgeois ». Père banquier, mère avocate, les fées sont généreuses. À 3 ans, on l'envoie avec sa soeur à l'Église baptiste. Ils sont les seuls blancs au milieu de noirs, dans un Sud aux racines ségrégationnistes. Sa nounou, femme pasteur, lui apprend le gospel. Le mari l'initie au piano.

« C'est là que tout a germé. » L'apprentissage de la tolérance, lui, petit-fils de juifs ukrainiens et polonais. La révélation de son oreille absolue à l'égal de Pierre Boulez. Il fait ses gammes à Houston et Harvard. À la sortie, il bifurque chez Mondavi, le géant américain du vin. Il aurait pu y rester sans cette ouverture de Tristan et Isolde entendue en voiture dans un cadre sublime.

Direction Saint-Pétersbourg. Il peaufine sa formation et crée simultanément l'OrchestraX à Houston. Passé par Cracovie (1), Lucerne et les plus grandes scènes du monde, le voici à la direction de l'ONPL, l'Orchestre national des Pays de la Loire.

Il y concocte de savants cocktails de musique, d'opéra ou de théâtre. Il pousse le bouchon jusqu'aux mélanges détonants comme ce futur rendez-vous, en juin prochain, où des jeunes branchés seront invités à une soirée DJ... avec la 9e de Beethoven en apéritif. Provocateur ? « Non, il nous surprend. Il a des idées fulgurantes et toujours un temps d'avance sur la réflexion commune », dit Michel Ayroles, administrateur général de l'orchestre.

Attirer un jeune public vers la musique classique, c'est son leitmotiv. «  Classique, hard rock... il n'y a pas de musique noble. Seulement de la bonne et de la mauvaise musique. » Il sort des oeuvres de la routine et les offre aux gamins des quartiers. Un coup de pub ? On peut avoir le sens du marketing et être sincère. « Il l'est. John est un grand humaniste. Il cherche ce qu'il y a de meilleur chez les gens », assure Yann Debiak, régisseur de l'orchestre à Angers.

L'homme carbure à cent à l'heure, entre Nantes, Angers, Strasbourg, où vivent sa compagne et « sa fille chérie ». Il se sent bien en Pays de la Loire, « pays de bon vin ». Il désire tout à la fois enraciner l'ONPL « au Mans, à Challans, à Laval » et l'emmener très loin. « J'ai un mandat pour élever sa renommée, faire des tournées, des télés, enregistrer des DVD. »

Le surdoué texan se veut enfant d'un « monde piccolo » très petit, où la musique crée des ponts. Il invite un chef égyptien avec deux solistes israéliens, met un concerto de Fazil Say, son ami turc, au menu. Donne carte blanche à l'Irakien Karim Al-Sand pour dénoncer la guerre. « C'est ma façon de contribuer au dialogue », dit cet « Améropéen » citoyen du monde.

 

Thierry BALLU


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