John Axelrod






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1 Jun 2006
Les Romantiques- Orchestre National de Lille
classiqueinfo.com

Lille, Nouveau Siècle. 01-VI-2006. Richard Wagner (1813-1883) : Faust, ouverture ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op. 77 ; Robert Schumann : Symphonie n°1 « Le Printemps » en si bémol majeur op. 38. Laurent Korcia, violon. Orchestre National de Lille, direction : John Axelrod.     Chaque fois que nous assistons à un concert dirigé par John Axelrod, il se passe quelque chose d'insolite. A Liège, ce fut une clarinettiste victime d'un malaise s'écroulant au milieu du quai, ce soir, beaucoup moins grave, c'est une corde du Stradivarius de Laurent Korcia qui casse net au début de la cadence, causant une effervescence certaine, et obligeant à reprendre depuis le début. On aura donc eu deux fois presque en entier le premier mouvement de ce concerto, et avec des différences assez notables dans le jeu du soliste.     La première fois, il joue un Brahms viril et physique, à la sonorité âpre et corsée, impressionnant plus que séduisant, mais dont la ligne est parfois instable, et régulièrement perturbée par de petits écarts de justesse. Etrangement, la seconde fois est plus convaincante, malgré l'exaspération très perceptible du soliste. Cet énervement, loin de lui faire perdre ses moyens, le conduit à adopter un jeu encore plus physique, rageur, un peu outré, mais qui se révèle d'une séduction et d'un brio assez époustouflants. Le mouvement culmine dans une cadence de feu, tendue, dramatique et burinée, qui se termine à la rentrée de l'orchestre par des moments d'une poésie et d'une douceur assez inattendues. Après trois quarts d'heure, on arrive enfin au bout de cet Allegro non troppo, et pour une fois, on donnera raison au public d'avoir applaudi après celui-ci, saluant une prestation courageuse et généreuse des musiciens.     Après tant de flamme, l'Adagio déçoit un peu, car s'il est abordé assez finement, la sonorité de Korcia manque de rondeur, et son jeu d'élan et de lyrisme. On retrouve cependant le soliste à son meilleur dans les rythmes hongrois du finale : musclé, viril, et triomphant, et d'une maîtrise technique spectaculaire pour un violoniste qui est en scène depuis maintenant plus d'une heure. La réplique de l'orchestre est vive et colorée, parfois un peu massive, mais enthousiaste et très dansante.     Avant ce concerto de Brahms, nous eûmes droit à l'ouverture Faust de Wagner, très méconnue, à juste titre selon nous. On y entend des morceaux de Tristan, des bouts du Ring, des anticipations des maîtres chanteurs, mais dans un disparate indigeste, dont la cohérence nous a échappé.     La Symphonie du Printemps de Schumann termine ce concert en beauté : John Axelrod a étudié avec Leonard Bernstein, et l'influence de son maître est perceptible dans ce Schumann à l'enthousiasme communicatif. Les deux premiers mouvements sont très chantants et superbement respirés, mais sont tout de même assez problématiques, car Axelrod obtient de ses musiciens une pâte sonore trop riche, qui donne l'impression d'entendre du Brahms plus que du Schumann. Dans les deux suivants, par contre, le chef semble totalement inspiré, faisant souffler un petit vent de folie dans la salle, en osant de brusques ralentissements et accélérations, en exacerbant les contrastes rythmiques, et en variant les tempi de façon très libre. Et comme tout cela est fait avec beaucoup de métier, de précision et de musicalité, cela fonctionne à merveille, et provoque la joie du public, et aussi celle des musiciens de l'orchestre.


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