John Axelrod






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11 Nov 2012
Ma Lettre d'Amour au Public de l'ONPL
Courrier de l'Ouest

Angers. Axelrod, chef de l’ONPL : "Parfois, des attitudes très provinciales" | Courrier de l'Ouest

11/11/12 2:06 PM

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Angers. Axelrod, chef de l’ONPL : "Parfois, des attitudes très provinciales"

Voici les passages manquants de l’interview de John Axelrod, chef de l’ONPL, que nous avons réalisée et dont l’essentiel paraît dans Le Courrier de l'Ouest du lundi 12 novembre, édition Angers.

 

Parlons d’abord de votre actualité immédiate à la tête de l’ ONPL , cette saison consacrée aux chefs d’œuvre de la littérature en musique . La réponse du public aux premiers de ces concertsvous satisfait-elle ?

Après une première saison qui a pu donner au public des Pays de la Loire la possibilité de me découvrir au travers d'oeuvres qui comptaient pour moi ou retraçaient mon parcours, et après une seconde saison qui a permis à l'Orchestre de fêter avec son public sa propre histoire, cette troisième saison est pour moi l'occasion de rendre hommage à ce que la France m'inspire: l'amour de la culture. Avec l'ONPL, durant le premier concert, nous avons pu trouver un nouveau niveau dans l'articulation et dans la précision que demande la musique de Mendelssohn, et qui est le résultat d'un travail sur le compositeur qui sera complété cette saison. Les concerts programmés avec le ballet de Ma Mère l'Oye et de l'Eventail de Jeanne se sont magnifiquement bien passés. Les nuances, les couleurs, la profondeur et la virtuosité étaient, je crois, mis en évidence, - et, je dois le dire ici - en particulier grâce à notre nouvelle super-soliste Ji-Yoon Park; je sens qu'elle est l'instigatrice d'une nouvelle impulsion dans le son, le style de l'orchestre. Le public le remarque aussi.

Un appel à candidature pour prendre la direction musicale de l’orchestre vient d’être lancé. Selon vous, et à la lumière de votre expérience à la tête de l’ ONPL, quelles sont les qualités requises pour diriger l’orchestre la saison prochaine ?

Le prochain chef devra comprendre que les mentalités changent lentement. Il devra aussi se faire aux splendeurs et misères - pour reprendre le titre d'une oeuvre de votre Tourangeau Balzac - de cette culture française. Pour un américain comme je suis, bien qu'habitant l'Europe depuis plus de 15 ans, rien ne sert de se plaindre devant un problème, mieux vaut concentrer ses forces à trouver des solutions. Ici, et je respecte cela, le besoin d'exprimer son ressenti, même si aucune solution n'est trouvée, est plus important. Processus cartésien.

Je pense que dans mon cas, ce qui fut une pierre d'achoppement, fut de me demander, selon mon mandat, d'une part de "rehausser le niveau, la notoriété de l'orchestre", de demander de mettre en œuvre une vision artistique ambitieuse, et en même temps de ne pas me faire part du fait que l'orchestre n'était pas "prêt" à changer. En d'autres termes, il y avait une "distorsion" entre ce qui m'a été demandé, et ce que l'orchestre était capable de changer. J'ai été confronté parfois à des attitudes très provinciales - ou encore, plus difficile - à un manque de leadership interne qui interféraient régulièrement avec la réalisation de mon mandat. Mes prédécesseurs, que je connais maintenant très bien, ont partagé avec moi leurs mêmes difficultés. Cependant, permettez- moi d'être clair: l'ONPL est un instrument fantastique, composé de musiciens avec un immense potentiel et une administration dédiée à sa cause. Le succès de nos concerts et de nos enregistrements témoignent de la qualité qui peut être atteinte. Mais le parcours pour y parvenir est éreintant. Faits de discussions interminables. Et cette mentalité geignarde fut parfois difficile pour quelqu'un comme moi de très actif, et de très dynamique.

Un exemple: un musicien m'a récemment "expliqué" pourquoi une indication musicale demandée lors d'une première répétition pouvait être complètement oubliée quelques jours plus tard: "Oh, vous savez, on mange, on boit, on dort. Alors, la musique, dans tout cela ...". Je suis profondément respectueux de la culture française. De ses droits acquis. Du modèle démocratique, civique, qu'elle peut représenter pour d'autres pays. Mais faire de la musique au sein d'un orchestre est un privilège, et le public, (sans oublier les compositeurs), méritent que nous fassions de notre mieux. La mentalité d'un fonctionnaire n'a - à mon avis - pas sa place dans un orchestre. Les "C'est comme ça! On ne peut rien y faire..." Surtout lorsque nous voyons que partout ailleurs, des orchestres de qualité mondiale sont mis en faillite. Le confort, la routine, la sécurité sont ce que certains musiciens veulent. Pas le stress, les défis, la compétitivité internationale, ni la recherche de la qualité. La résistance aux changements provoque une inertie incroyable. Difficile à concilier avec les projets novateurs que l'on attendait de moi.

Je pense, en toute modestie, que le public a senti une différence, sous ma direction. Je ne suis pas sûr que l'orchestre l'ait acceptée, et ait été d'accord de me suivre dans ma vision artistique, malgré mon mandat que j'ai pris très à coeur. C'est malheureux à dire, mais ils sont payés, finalement, que le public vienne ou ne vienne pas, n'est-ce pas? Vous savez, j'ai donné ma vie au service de la musique. Je voyage en permanence, me coupant des gens que j'aime le plus, de ma famille, car je suis amoureux de cette musique. De ce métier. De cette cause.

J'ai des fois l'impression que l'ONPL, étant le seul orchestre dans la région, n'a aucun besoin de se battre, de se mesurer à d'autres qualités, de se remettre en question.

Que peut faire le public des Pays de la Loire ? A mon avis, le public doit être informé. L'orchestre aime se cacher derrière son rideau. Une fois que le public comprend que l'orchestre et sa culture sont essentiellement provinciales de mentalité bien que nationales de nom, alors, ils peuvent se demander s'il est sain que l'ONPL mérite non seulement son budget assez élevé, mais aussi son statut de seul orchestre dans la région. À mon avis, la concurrence serait quelque chose d'extrêmement dynamisant. La culture dans la région serait augmentée, la qualité serait améliorée, et les élus sauraient que le public est bien servi.

Ma décision de ne pas solliciter un nouveau mandat à la tête de cet orchestre, bien sûr, se fait pour les raisons ci-dessus. Il y a un décalage très fort entre les habitudes de travail héritées de l’histoire, et les exigences artistiques nécessaires au maintien d'un haut niveau correspondant au statut d'orchestre « national", ou même simplement, adapté aux demandes actuelles. Je n'ai qu'une vie. Et elle est bien remplie. Mais je ne veux pas faire de compromis au niveau des exigences artistiques que je porte.

Un autre détail d'importance: le président et le directeur administratif de l'orchestre devraient donner l'autorité ou le soutien nécessaire au directeur musical pour qu'il puisse agir. Au lieu de cela, un dysfonctionnement à ce niveau a aussi compliqué les choses. On se retrouve isolé. Et personne n'y gagne.

Avez-vous rempli les objectifs que vous vous étiez fixé au départ, à la tête de cet orchestre ?

Le travail au niveau artistique s'est fait par le répertoire choisi - en gradation - et nous avons travaillé pour développer de nouvelles aptitudes, ou encore unifier les cordes en faisant appel à deux nouveaux violon solo qui se sont avérés être décisifs dans l'harmonie de notre phalange. Je suis très heureux de ces acquis.

Certains concerts furent inédits: les ICMA (International Classical Music Awards) ont attiré l'attention de toute l'industrie internationale sur l'ONPL grâce à un concert de gala en mai passé. Ou encore, les Victoires de la Musique devant plus de trois millions de spectateurs.

Ou bien encore, France 3 fut le partenaire privilégié de l'initiative pédagogique de la saison passée : le Concerto pour Orchestre et famille, joué et diffusé en 2012, que j'ai composé dans le but de renforcer l'idée que l'éducation musicale commence à la maison. Le concours télé-réalité s'est avéré être un grand succès populaire. J'ai pris beaucoup de plaisir à être lié à la communauté de la région.

Enfin, l'ONPL a pu sécuriser son premier contrat audio-visuel, permettant à l'orchestre de recevoir un paiement supplémentaire pour tout autre évènement audio-visuel.Cette étape fut importante pour répondre aux exigences de mon mandat et d'assurer par ce biais la participation continue de l'Orchestrelors d'un travail au niveau national ou international. Je suis quelqu'un avec beaucoup d'énergie, et je me suis investi sans compter sur tous les fronts: aussi aux côtés des musiciens et de leurs droits. »

Y-a-t-il des œuvres que vous auriez aimé diriger à la tête de cet orchestre , mais que le temps ne vous a pas permis finalement d’aborder ?

Il y en a beaucoup, bien sûr! Liées à mes passions, ma sensibilité, ma culture. Cependant, comme je vous le disais, cet orchestre a des besoin particuliers, et notamment, une des particularité est le fait qu'il ait besoin de nombreuses répétitions - bien plus que d'autres orchestres avec lesquels je travaille régulièrement - afin d'assimiler une oeuvre musicale. Cela fut parfois déroutant! Parfois, mes programmes furent considérés comme "stressants et lourds" par les musiciens, alors que je venais de diriger deux symphonies et deux ouvertures dans un même programme à l'étranger, ou que je rencontre de nombreux orchestres qui attendent de moi que je les fasse véritablement travailler sans ménagement, sans écourter une répétition, qui veulent repousser leurs limites. J'ai réalisé que malgré les nombreuses œuvres que j'aurais voulu partager avec l'ONPL, je n'aurais pas été en mesure de les programmer, de peur de susciter plaintes ou grèves. Ceci est unique à ce pays, et dénote d'une mentalité bien particulière. Je viens de donner un concert de trois heures en Italie. Pensez-vous que j'aie entendu une plainte? non! Ils ont du travail. C'est déjà bien. Ils se battent pour survivre. Et sont heureux d'avoir un métier qui apporte un peu plus de sens à une communauté à travers l'art, la beauté.

En fait, j'ai proposé de continuer à ce que notre collaboration fructueuse, notamment à travers nos enregistrements, puisse continuer à l'avenir. Le public aurait intérêt à voir l'ONPL maintenir son identité comme orchestre qui enregistre au niveau international. Le public ne mérite pas une coupure brutale. Cependant, en dépit des succès, ou du nouveau contrat audio-visuel pour les musiciens, ils ne veulent pas de travail supplémentaire.

Vous qui avez une grande expérience des orchestres en Europe et dans le monde, comment jugez-vous le niveau musical de l’ONPL actuellement ?

Si je ne pensais pas l'ONPL capable d'être un grand orchestre, je n'aurais jamais accepté le poste. Si j'avais su ce que j'ai appris maintenant, je n'aurais également pas pris le poste. Par conséquent, je crois encore que l'ONPL peut être un grand orchestre. Cependant, sa véritable force se situe ailleurs: le public de l'ONPL est un parmi les meilleurs dans le monde. Il a soif de culture, de musique. Il est avide d'expériences. Ouvert, enthousiaste. Je n'ai jamais vu autant de cœurs ouverts, d'esprits curieux; des oreilles et des yeux, du plus jeune au plus âgé, tous, venus soutenir les programmes novateurs tels " Amadeus" durant notre première saison, ou "Harlem Casse-Noisette", ou encore le révolutionnaire "Remix de la neuvième de Beethoven pour Electronique et Orchestre" de Gabriel Prokofiev; ou encore ce fameux "Concerto pour famille et orchestre". Pour moi, l'appréciation du public est la clé de la réussite de l'ONPL. Et une formidable force. Un potentiel unique que nous n'avons nulle part ailleurs. Ceci est aussi un honneur. Pas une fardeau. Mais qui demande une tenue, un respect artistique. Une volonté de mieux faire et de se transcender. Il est si facile de s'asseoir sur ses lauriers. Mais dans ce milieu, de nombreux orchestres en payent le prix très chèrement, hélas. Seuls ceux qui se réinventent, se mettent au service d'une communauté, et des challenges propres au XXIème siècle ont des chances de durer.

Le public de la région aura-t-il le plaisir de vous voir régulièrement dans un autre cadre, dans les mois qui viennent ou bien avez-vous décidé de tourner définitivement la page des Pays de la Loire ?

Je vais peut-être quitter l'ONPL, mais je ne quitte pas les Pays de la Loire. Je suis devenu citoyen de la communauté d'Angers et je suis ami avec beaucoup de gens ici, dans la région. J'aime la douceur angevine. Je souhaite continuer à contribuer à la vie culturelle d'Angers et des Pays de la Loire, d'autant plus que j'ai été très impliqué dans la décision de construire le nouveau Centre des Congrès qui va se bâtir ici. Peut-être que le public angevin aimera avoir plus de choix au niveau de la musique classique. Peut-être que cela rendrait l'ONPL "nerveux", mais une concurrence est saine et elle ne peut être que vécue dans l'intérêt du public, notamment lorsque nous offrons plus d'options à un haut niveau artistique. J'espère être en mesure de partager ces idées avec les élus ou les citoyens intéressés.Ceci est un peu ma lettre d'amour à ce public, mon credo: je suis tombé amoureux de ce public!De cette culture. Et c'est la raison pour laquelle je suis à la fois heureux et honoré d'avoir servi en tant que directeur musical de l'ONPL et pourquoi je souhaite continuer à contribuer à la culture de notre communauté en tant que citoyen concerné.

Comme je l'évoquais, l'absence de concurrence peut être malsain. Une saine concurrence amène un contrôle de la qualité. Avec un monopole, on peut faire ce que l'on veut sans qu'il y ait de conséquence. C'est la même chose pour l'Opéra de Nantes/Angers. Il est le seul opéra disponible, et la qualité, comme en témoignent les critiques, fait parfois les montagnes russes. Le public, qui a la plus grande base d'abonnés de France, n'a donc qu'un seul choix. La Folle Journée de Nantes est un succès car elle répond à la demande du public dans une région affamée de culture et offre à ce public de nombreux artistes et de nombreux orchestres. Angers, ici-même où l'ONPL est né, aura une nouvelle salle de concert en 2017 et aura la possibilité de créer une identité culturelle semblable à Aix-en-Provence, Lucerne, Bayreuth ou Salzbourg, offrant plus de choix de qualité. À ce titre, si les élus d'Angers sont d'accord, je serais vraiment prêt à contribuer musicalement, à Angers et dans les Pays de la Loire selon leurs envies. Le public ne mérite pas moins.

Un nouveau CD de l’ ONPL avec pour soliste Rachel Kolly d’Alba vient de sortir. Pourquoi ce choix d’un répertoire de musique moderne américaine : Bernstein, Gershwin, Waxman... ?

Rachel Kolly d'Alba est une artiste qui a signé avec un label mondial, la maison Warner, et c'est elle qui a choisi le programme. Il s'agit de son troisième disque pour le Label, après avoir enregistré des oeuvres de compositeurs franco-belges qui ont été récompensées au niveau international. Cette relation unique avec un label mondial a pu être apportée à l'orchestre grâce à la relation artistique que nous entretenons et qui s'est d'ailleurs vue récompensée : notre dernier CD (french impressions) a reçu le prix du meilleur enregistrement de l'année dans la catégorie "concerto" par les ICMA (International Classical Music Awards). Elle a voulu enregistrer la Serenade de Bernstein il y a plus de 4 années, et m'en avait fait part, puisque j'ai été élève de Bernstein et ai dirigé toute sa musique, telle la première de son opéra Candide au Châtelet et à la Scala. Cette Serenade est une oeuvre d'une portée artistique immense et je l'ai travaillée moi-même avec Bernstein. Exigeante pour l'orchestre. Nous avons eu beaucoup de plaisir à échanger mes connaissances de ce répertoire américain avec son amour pour ses oeuvres, sa curiosité. Nous partageons également la même agence générale. Ce sont des conditions idéales pour collaborer. De plus, c'est un répertoire qui mérite d'être défendu, et auquel nous pouvons apporter quelque chose d'unique:

de la profondeur, le gout du risque, une intelligence, plus qu'un côté populaire. De plus, bien sûr, puisque c'est un CD distribué mondialement, c'était une véritable aubaine pour un orchestre qui n'avait plus enregistré avec un grand label depuis l'époque de Pierre Dervaux. (Il en est de même avec notre enregistrement avec Véronique Gens pour Ondine). Quant au programme, il correspond à nos sensibilités. Rachel et moi étions libres de toutes contraintes par rapport à son Label.

Ces enregistrements pour de grands labels sont une façon pour moi de donner de la crédibilité à l'Orchestre au niveau international. Une épaisseur, une consistance.

Le résultat de cette seconde collaboration avec Rachel est un autre prix Supersonic, ainsi qu'une nouvelle nomination aux ICMA 2013, comme meilleur enregistrement de l'année. Oserais-je partager ce que le critique Rémy Frank a écrit récemment sur ce disque et qui sont des mots qui me réjouissent ?

Jamais le génie de Bernstein n'aura connu des mains, celles d'une violoniste et celles d'un chef, qui se seront appliqué à une réalisation aussi raffinée et aussi riche de son hymne à l'amour, pour dévoiler dans un véritable rituel des sens la magie de caresses musicales. Plaisir et volupté, tendresse et séduction, un voyage dans le profond ressenti et partagé! Dans les trois œuvres, l'élan du violon de Rachel Kolly d'Alba est renaissance, métamorphose. Elle ose tout, certaine du support de John Axelrod qui l'accompagne dans cette conquête de l'amour mis en musique par trois compositeurs américains"...

Selon nos informations, vous projetteriez de réorchestrer pour un orchestre symphonique des morceaux de groupes rock, notamment les Smashing Pumpkins . Qu’en est-il exactement ?

Classical Rock, projet que j'ai créé il y a quelques années, vise à rassembler les plus grands hits de la musique classique et de les juxtaposer aux coté des meilleurs hits du rock "classique", tels que certaines compositions de Led Zeppelin, Queen, The Who ou Iron Maiden; le tout, joué par un orchestre symphonique. Il n'y a pas de Smashing Pumpkins dans mon projet. Par contre, j'ai travaillé, étant jeune, dans l'industrie de la musique rock et je les ai côtoyés très intimement. Il est vrai que cela m'a permis de développer un parcours atypique et unique. Je suis certainement devenu un des seul chef d'orchestre classique qui puisse facilement mener un projet tel que Classical Rock et, je suis certainement un des seuls chef d'orchestre, comprenant le rock, qui puisse de façon efficace et artistique diriger le grand répertoire de la musique classique. J'ai toujours aimé relier les mondes, les cultures, les gens, et j'ai du plaisir à mélanger les publics... Il est parfois difficile pour certains de comprendre mon envie d'explorer ces mondes qui, en principe, ne se rencontrent que très rarement. En fait, tout cela vient de mon passé: mon professeur Leonard Bernstein me disait: "Il y a de la bonne musique et de la mauvaise musique". Il n'y a pas de différences entre musique sérieuse et non sérieuse. Cette envie de relier différents publics m'est venue avec OrchestraX à Houston dès 1998. J'ai créé ensuite la première européenne de ce concept avec mon orchestre à Lucerne, durant le Festival de Lucerne; et j'ai pu constater son potentiel énorme auprès du public. Ce fut l'un des plus grand succès du festival, avec des billets vendus à des gens qui n'étaient jamais venus écouter un orchestre classique. C'était magique. Donc, j'ai décidé de l'enregistrer. Le CD a été produit l'année dernière à Prague, dans les studios de Sono et avec la participation de CPRX et Monsieur Y (de Cholet et Angers), le Metropolitan philharmonique de Prague, et un groupe de rock d'Anvers, mettant en vedette le guitariste virtuose Bert Verschueren. Nmon Ford, que notre public connaît bien, puisqu'il a chanté le Requiem de Fauré et le concert le Salon du Soir, chante également sur ce disque la Bohemian Rhapsody de Queen, dans une version classique, tel un oratorio, avec le choeur Accentus de Paris. Le CD, ainsi que le DVD de notre concert de cet été, sera publié en Europe par le label Audiophile In-Akustik, l'un des plus grands labels indépendants. Des concerts sont prévues pour 2013 et 2014 en Suisse, en Italie, en Russie, au Brésil et au-delà. Pourquoi pas dans les Pays de la Loire? En tous cas, l'idée qui sous-tend tout cela est de relier des mondes et des sensibilités, tout en restant authentiques, et en faisant de la qualité. Être inclusif, pas exclusif. Si des publics qui ne se rencontrent jamais d'habitude viennent voir un orchestre symphonique jouer Brahms, Liszt, Wagner et des hits rock, alors, c'est gagné: nous faisons entrer le monde du classique dans le XXIème siècle au travers de concepts innovants.

Certains veulent classifier les gens. D'autres sont ouverts et curieux. Devinez ce qui m'attire...

www.myclassicalrock.com


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